Pourquoi Prisunic a fait appel au fondateur d’Habitat en 1968

Quand Prisunic lance sa première collection de meubles, un nom apparaît comme une évidence : celui de Terence Conran.

Le designer anglais a ouvert son premier magasin Habitat à Londres, quatre ans plus tôt. Son style est contemporain et joyeux, il plaît beaucoup à la jeune génération, celle qui ne veut plus vivre dans les meubles rustiques de ses parents. Un autre point joue en sa faveur…

Un designer qui connaît la production en série

Conran connaît très bien les réalités de la production en série, il dispose même d’une usine. Un atout essentiel pour une enseigne comme Prisunic qui veut diffuser largement à prix accessible. A cette époque, peu de designers français connaissent aussi bien les contraintes de fabrication.

Contacté par Denise Fayolle, Terence Conran se dit ravi de démarrer cette collaboration : depuis l’autre côté de la Manche, il suivait déjà le développement de Prisunic avec attention.

Il déclarera d’ailleurs plus tard : “C’était mon rêve de voir le design devenir important dans la vente grand public. Je pense que Prisunic a été une source d’inspiration pour la nouvelle génération”.

Une collection pour meubler tout un appartement

En 1968, il dessine une première collection pensée pour meubler tout un appartement : salon, coin lecture, cuisine, table de chevet… Ses pièces rencontrent un beau succès, il continuera à collaborer dans plusieurs catalogues Prisu.

En 1970, Terence Conran fait partie du jury du « grand concours international de design » lancé par Prisunic.

Aux côtés de Gae Aulenti, Joe Colombo, Pierre Paulin ou encore Verner Panton (quel casting !), il doit départager plus de 1000 candidats. Les deux designers lauréats ont la chance de voir leur création figurer dans le catalogue numéro 6.

De Prisunic à Habitat

Entre Prisu et Habitat, le lien ne s’arrête pas là : en 1973, le responsable du catalogue Prisunic, Francis Bruguière, rejoint Terence Conran… pour lancer Habitat en France.

Ces dernières années, plusieurs pièces dessinées par Conran ont été rééditées par Monoprix : un fauteuil, un coffre ou encore une desserte, issus du tout premier catalogue. Leur design n’a pas pris une ride.

Quant aux autres designers qui ont contribué au succès des meubles Prisunic : on en parle dans un prochain article !