En 1968, Prisunic lance son premier catalogue de mobilier au moment où une génération de jeunes ménages cherche à tourner la page des meubles rustiques de ses parents, pour aménager son intérieur avec des formes plus modernes.
Dès le départ, Prisunic compose avec une contradiction que Francis Bruguière, le père du catalogue, formule sans détour : l’enseigne a le réseau pour vendre des meubles mais pas les surfaces pour les exposer.
Le catalogue comme solution
Le catalogue est choisi comme solution. Sur le papier, c’est idéal. (Vous l’avez ?). Sauf que les délais de livraison posent problème. La fabrication du meuble repose à l’époque sur des structures encore peu adaptées à la grande diffusion.
Pendant quelques années, tout fonctionne quand même remarquablement bien. En 1970, les ventes font +100% par rapport à l’année précédente. Le catalogue rencontre un beau succès

Voir et toucher avant d’acheter
Pour répondre à la demande de clients qui veulent voir et toucher les meubles avant d’acheter, Prisunic tente une réponse concrète. En 1971, une boutique d’exposition de 64m² ouvre à Paris, puis plus tard, à Nancy et à Lyon.
Au fil des années 70, des enseignes comme IKEA ou Habitat se développent en France. Elles arrivent avec un modèle que Prisunic ne peut pas concurrencer : de grands espaces et surtout, des meubles qu’on ramène chez soi le jour même.
Bruguière dira : « Nous avons propulsé un catalogue et des designers en pensant que la forme allait sauver le fond, mais notre management n’était pas assez professionnel ».
Le dernier catalogue
Une décision sonne le glas du meuble Prisunic. La rentabilité n’est pas satisfaisante, le catalogue de mobilier est supprimé. L’activité cesse après l’édition de l’ultime catalogue printemps-été 1976 qui affiche en couverture, un soleil couchant.

Une aventure courte… mais durable
L’aventure Prisunic aura duré moins de dix ans mais elle a marqué durablement l’univers du design français. Aujourd’hui, certaines pièces sont conservées dans des musées. Les catalogues sont devenus de véritables objets de collection et se vendent autour de 100 euros pièce.
L’histoire ne s’arrête pas complètement. Monoprix, qui a racheté Prisunic en 1997, réédite régulièrement les pièces iconiques des catalogues avec des collections qui font chaque fois événement.
La grande intuition de Prisunic reste d’actualité.
Il y a toujours de la place pour du beau au prix du laid.



