Le catalogue Prisunic… ou comment vendre du design sans agrandir les magasins

En 1968, Prisunic se lance dans le mobilier. L’époque s’y prête. Les jeunes ménages ne veulent plus des meubles rustiques de leurs parents. Les premiers téléviseurs arrivent dans les salons, on organise l’espace différemment. Mais la contrainte est de taille. On ne peut pas vendre des meubles là où il n’y a pas de place pour les exposer.

La parade du catalogue

C’est Francis Bruguière, acheteur passé par le Printemps, qui trouve la parade… Le catalogue. Pas besoin de surface de présentation, ni même de stock en magasin.

Jacques Gueden, à la tête de l’enseigne, voit immédiatement l’intérêt : la vente par correspondance est encore assez peu développée en France, le potentiel est énorme.

Pour préparer les directeurs de magasins, il organise le congrès annuel à Stockholm. Au programme : la visite d’une enseigne dont on commence à parler et qui diffuse son catalogue à plus d’un million d’exemplaires… Möbel Ikea.

Le premier catalogue Prisunic

Le premier catalogue Prisunic est édité en 1968. Un format carré à la mise en page soignée et épurée. Les meubles sont mis en scène pour aider les clients à se projeter. Il est disposé sur un présentoir en magasin. On passe commande sur place.

Terence Conran, premier designer invité

Le premier designer invité n’est autre que Terence Conran, qui a ouvert son premier magasin Habitat à Londres quelques années auparavant. Il est aussi bien choisi pour son style que pour sa bonne connaissance des impératifs industriels.

Entre avril 1968 et avril 1976, seize catalogues seront édités.

Au fil des années, Prisunic fera appel à plusieurs designers, parmi lesquels Olivier Mourgue, Gae Aulenti ou Marc Held et développera une ligne de mobilier dans des matériaux et des formes qu’on ne trouvait nulle part ailleurs à ce prix-là.