Après des décennies de création ininterrompue, on pourrait penser que Verner Panton abordait enfin une retraite méritée au début des années 1990… Absolument pas !
À cette époque, Panton est déjà une figure consacrée. Depuis la fin des années 1970, les distinctions se succèdent. En 1990, Vitra relance la Panton Chair et organise un hommage signé par ses pairs.
Le genre de geste qui ressemble à une consécration, presque à un adieu. Sauf que Panton n’en a pas fini avec le design.
Pour Ikea, Panton fait du Panton
En 1994, IKEA, déjà géant mondial, lui passe commande mais Panton ne cherche pas à s’adoucir.
Il crée le modèle Vilbert, une chaise aux couleurs franches, composée de panneaux MDF. La ligne est géométrique et délibérément déstabilisante.
C’est un échec commercial.

La Vilbert disparaît du catalogue après une seule saison. D’après certaines sources, seuls 3 000 exemplaires auraient été produits et les invendus, détruits par IKEA. Aujourd’hui, c’est justement cette chaise, rare et longtemps incomprise, qui est devenue l’une des pièces IKEA les plus recherchées.
Il accumule les projets
Panton ne ralentit pas.
En 1995, il conçoit pour Swatch une tour haute de 4 mètres, composée de 63 anneaux colorés à l’occasion des Jeux Olympiques d’Atlanta. La structure est d’abord installée sur le lac de Lausanne puis présentée au musée olympique.

Pour la marque suisse Crival, il dessine aussi plusieurs montres et horloges, dont un modèle à bracelet et cadre amovibles permettant d’en modifier la couleur. Il réalise une composition murale pour le showroom du fabricant de luminaires ERCO à Londres. En 1996, à Bâle, il imagine « Colour Spaces », une installation chromatique pour la Galerie Littmann. Toujours les mêmes obsessions pour la couleur, la forme et la lumière.


1998, l’année de sa mort
En 1998, la Reine du Danemark lui remet la croix de chevalier de l’ordre du Dannebrog pour l’ensemble de son œuvre. Vitra réédite deux designs originellement créés pour Visiona 2.
Le 5 septembre, Verner Panton meurt brutalement à Copenhague. Il a 72 ans.
Le 17 septembre, douze jours plus tard, le musée Trapholt ouvre « Light and Colours », la dernière exposition qu’il avait lui-même conçue.
Sur le thème de la couleur.
Evidemment.




